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KF-1

Le programme d’enseignement du Kung Fu (功夫成人) au CAMC est très lié au parcours de Maître Jung qui a recherché pendant des années ce qui fait l’essence du Kung Fu traditionnel. Cela signifie qu’il a fallu opérer des choix, car les styles et les lignées sont innombrables. Ces choix résultent parfois de hasards, de rencontres (voir la biographie sommaire), mais aussi d’une volonté de saisir les principes profonds du Kung Fu. Par delà la variété des styles, les arts martiaux traditionnels, internes ou externes, ont en commun d’avoir trouvé des principes, des techniques de corps spécifiques qui développent une force particulière.

Les Tao Lu ne sont pas la meilleure façon de maîtriser un style de Kung Fu et certains maîtres préconisent même de les oublier pour pratiquer vraiment. Ils sont pourtant au début, un moyen pratique d’acquérir les gestes et les principes de base et d’obtenir une culture assez générale du Kung Fu, nécessaire pour choisir un style de spécialisation. Des tao lu de différents styles sont enseignés pendant plusieurs années, selon leur niveau de difficulté, chacun apportant des compétences particulières dans la formation du pratiquant (techniques martiales, déplacements, état d’esprit). Cela donne aussi un programme, ou disons plutôt une trame lorsqu’on y adapte les exercices de renforcement (Gong Fa), d’application et de combat. Ceux-ci sont introduits progressivement, surtout le combat, car l’enseignement du Kung Fu doit rester ouvert à tous (même à un bon gros panda!).

Les débutants doivent d’abord acquérir les positions de base du Kung Fu qui apportent force et souplesse au corps. Les Bu Quan sont communs à presque toutes les écoles de Kung Fu et permettent de travailler l’enchaînement des positions. Le Chang Quan, qui est une synthèse (fin du XIXème siècle) de différents styles du nord, est idéal pour étirer le corps au maximum. Les styles du nord se caractérisent justement par des mouvements amples; on parle de boxe longue. Les 18 paumes de Lohan (style ancien de Shaolin) sont un approfondissement cette pratique et une première entrée dans la tradition martiale chinoise.

Le travail se poursuit en diversifiant les déplacements, qui sont une composante primordiale du combat. Le Mi Zong Quan, aussi appelé « style du labyrinthe », comporte de nombreux changements de directions et une alternance rapide des techniques de pied et de poing. Les mouvements rapides du Tang Lang Quan (Mante religieuse) génèrent de la vélocité chez le pratiquant; d’autant que le Qixing Tang Lang Quan (sept étoiles) coordonne des déplacements courts et rapides (pas du singe) en enchaînant continuellement les attaques.

Après l’acquisition des compétences de base, les pratiquants commencent un travail plus profond sur ces mêmes styles, ou en abordant des styles plus internes comme le BaJi Quan, le XinYi Quan, le Yin Yi Liu He Quan, le Liu He Tang Lang, le BaGua Zhang, le Chen Shi Tai Ji Quan. D’autres styles de Kung Fu moins internes ont marqué la tradition chinoise et sont franchement dignes d’intérêt: le style de l’aigle d’or, le serpent (She Quan), le singe (Hou Quan) ou le style de l’homme ivre (Zui Quan). Les pratiquants avancés se spécialisent un ou deux ans avant de passer la ceinture noire.

Enfin il existe encore de nombreux styles de Kung Fu très intéressants, du nord ou du sud, internes ou externes… Les plus valables ont en commun de rechercher un développement harmonieux du corps, de garder un rapport cohérent au combat sans en faire la seule dimension et de renforcer le corps et l’esprit par la pratique du Qi. Ils peuvent se pratiquer de 4 à 80 ans et forment des gens biens, tranquilles… mais cela définit également tout art martial de qualité .